Montagne en scène : un festival entre aventure et émotion
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Montagne en scène : un festival entre aventure et émotion

Du rebloch’ et des copains a assisté à la projection de la summer édition de Montagne en scène à Annecy ce mardi 22 septembre 2020. Nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions à une des personnes travaillant pour le festival . 

1. Le festival 

 

Montagne en scène : késako ? 

Montagne en scène est un festival itinérant sur toute l’Europe qui projette des films autour du thème de la montagne. Ce concept a été créé en 2013, à Paris par Cyril Salomon et Manon Grimwood. 

Aujourd’hui Montagne en Scène est présent dans 18 pays d’Europe et environ 150 villes.  A cause des conditions sanitaires actuelles, Montagne en scène a dû adapter son périple. En effet, cette année, les projections se sont majoritairement déroulées dans la zone francophone.  

En sept ans,  comment expliquez-vous un tel succès ? 

“Beaucoup de festivals existent mais là c’était un concept un peu différent des autres, et en fonction des pays, des cultures, ça marche très bien”.

Ils mettent surtout l’accent sur des films qui proposent de l’aventure, qui embarquent le spectateur dans leur univers et dans leur expédition. Le but est de toucher un public beaucoup plus large qu’uniquement les passionnés d’outdoor, la tranche d’âge varie énormément (des plus jeunes aux plus âgés). 

Cela permet aussi à certains films qui n’ont pas la chance d’être diffusés sur grands écrans de pouvoir avoir cette “dimension hollywoodienne” pour se faire connaître. 

Quels sont les critères lors de la sélection des  films ?

“Pas de critère de choix, il y a de tout, ça va être à la fois de la toute petite production (la personne est partie en expédition, a prit ses images, à monté son film, a mixé ses musiques) ou des grosses productions de type universal (film Meru)”. 

Leur but est de  transmettre une émotion et une histoire aux spectateurs, que les gens puissent s’y retrouver voire s’identifier. L’idée c’est d’avoir un programme de films variés mais qui a quand même une continuité.

Proposez-vous plusieurs éditions ? 

Il existe deux éditions, la summer (généralement avril mais impossible avec le covid cette année donc reportée à septembre) et la winter (entre novembre et décembre).

“L’idée n’est pas d’avoir que du ski en hiver et de l’escalade en été, mais de mixer un petit peu tout en respectant quand même les saisons”

Il existe une version maritime du festival montagne en scène qui s’appelle le “Off Shore festival” qui comprend des films de voile, de surf etc.

Quelques chiffres…

Environ 1500 spectateurs auront été présents sur les trois soirées organisées sur Annecy. Pour sa Winter edition 2019, montagne en scène avait rassemblé près de 90 000 spectateurs. Annecy a été une des premières villes ou le festival est passé. 

Les News presque en live 

“Des actions vont être lancées à Fontainebleau comme le clean up day et dans d’autres sites montagnards notamment. Mais aussi des actions pour aider les personnes défavorisées à leur faciliter l’accès à la montagne”.

Montagne en scène crée donc sa propre fondation (“sous l’égide de la fondation de France”) qui se base sur trois mots clés : 

La diversité : pour que la montagne soit moins sélective et qu’une plus large population puisse en profiter.

La protection : pour soutenir des projet éco responsables, de nettoyage et de préservation de l’environnement.

La solidarité : Soutenir les victimes et familles des victimes d’accidents en montagne.

2. La programmation : dans les start-in blocks dès 19h30

 

Port du masque obligatoire pendant toute la durée de la séance (problème pour manger les friandises). Nous avons visionné quatre films différents. 

1.Deep water

Un film d’escalade avec Tim Emmett (un des meilleurs grimpeurs mondiaux) et Kyra Condie (grimpeuse professionnelle passionnée de bloc, de voies et qualifiée pour participer aux JO de Tokyo en 2020).

Ils partent grimper les magnifiques falaises du Vietnam dans la baie d’Ha Long, “un véritable repère pour les grimpeurs en quête d’exploration et de deep water solo”.  Entre la peur et l’adrénaline, Kyra et Tim ont pour objectif une ligne en particulier “Lightning Crack” ; une fissure impressionnante en plein coeur de la falaise. 

Film plutôt court et intense.  On ressent la peur de Kyra,  ainsi que l’aide que Tim lui apporte pour la tirer vers le haut. On a d’ailleurs appris un nouveau terme pour parler du deep water soloing : psicobloc. (forme d’escalade qui consiste à grimper sans aucune sécurité que l’eau en dessous.)

2. Lost in Karakorum

Ces deux parapentistes tentent un exploit jamais réalisé : celui de monter a plus de 7000 mètres d’altitude en parapente. On les suit sur leur périple au coeur de l’incroyable chaîne du Karakorum (Pakistan). Mais des difficultés vont quelque peu modifier leurs objectifs comme celui de gravir le Spantik (7027).

Les images sont incroyables et on se rend vraiment compte des côtés aléatoires du parapente. La difficulté de remonter en altitude lorsqu’on ne trouve pas le thermique par exemple. De plus, la météo est vraiment délicate et les imprévus peuvent tout faire basculer.  C’est ce qu’Antoine Girard nous raconte lors des quelques questions posées suite à son film. On lui a demandé s’il pouvait résumer son aventure en un mot. 

“Je  ne préfère pas le dire parce que ce serait plutôt assez sombre. Le film est édulcoré et drôle, mais en réalité toute l’expédition est noire. Le premier jour je me pète la jambe, derrière je fais un œdème […] on se disait après l’expé si on fait un film les gens vont ressortir en pleurant”

3. Apurimac (notre petit coup de ❤️)

Un film de kayak avec six kayakistes français qui partent arpenter les eaux vives et dangereuses du Rio Apurimac de la cordillère des Andes. Entre distraction et appréhension, l’action et le suspens sont souvent à leur comble. On les suit pendant 17 jours, on vit leur émotions et leur expériences. 

17 jours à l’inconnu sur 150 km, un objectif de taille.  La descente ne se déroulera pas comme sur des roulettes. Des imprévus viendront bouleverser le timing. 

On a vraiment adoré ce film, d’abord car c’est plus rare de visionner des films de kayak. Ensuite, les émotions décrites dans ce film sont vraiment poignantes. On a peur pour eux, on se met facilement à leur place et on voit vite leur détresse. Les instants joyeux et chaleureux sont vites appréciables. 

4. The last mountain

Un film d’alpinistes polonais en quête de l’ascension du K2 en hiver. Le seul 8000 pas encore gravi en hiver. Durant 60 jours, on suit leur tentatives d’ascension depuis leur camp de base. Entre le vent, les tempêtes de neige et les chutes de pierres, difficile d’avancer. 

Sur cette expédition, différentes personnalités et caractères ressortent, de la personne têtue à la personne qui a repoussée ses limites. Nous sommes immergées dans un défi hors normes  avec un  travail d’équipe incroyable. 

On ne parle pas du sauvetage miracle, celui d’Elisabeth Revol, une alpiniste  française prise au piège du Nanga Parbat avec son compagnon de cordée. Après des heures interminables passées dans le froid, elle est sauvée par deux des alpinistes polonais. 

Plein d’action et déboussolant, ce film est surtout très représentatif de la puissance de la nature. Peu importe la motivation, la détermination ou la résistance physique de l’alpiniste, la montagne a toujours le dernier mot. 

 

Merci Montagne en scène pour l’invitation, ce fût un réel voyage à travers des aventures marquantes et émouvantes.  Nous  espérons pouvoir revenir pour l’édition hivernale en décembre !