Conventionnelle, biologique ou durable : quel type d'agriculture favoriser ? - Du rebloch' et des copains
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Conventionnelle, biologique ou durable : quel type d’agriculture favoriser ?

 Il y a quelques jours je discutais avec un ami, et je lui parlais de la rédaction de cet article. Je lui disais que ce genre de sujet m’intéressais beaucoup aujourd’hui mais que jusqu’à présent, ce n’était pas une priorité pour moi de connaître la différence entre une production intensive et extensive. Pourtant, les modes de production sont au programme de 3ème…Perso en 3ème je me souciais plus de mes copines que de la manière dont les poireaux poussent.

 Là où je veux en venir, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour se soucier ou s’intéresser à de nouvelles choses, souvent oubliées ou mises de côté.

 Et si aujourd’hui on parlait d’agriculture sous toutes ses formes? J’ai découvert et appris plein de choses très intéressantes ! Je les ai répertoriées en trois axes : un peu d’histoire, les différents modes de production et pour finir  différents types d’agriculture.

Un peu d’histoire…

A partir des années 1950, l’agriculture française a connu de grands bouleversements. On parle alors de “Révolution verte”. Le développement des techniques industrielles et de la productivité du travail ont conduit à de nouveaux modes de production.

Faire plus vite, moins cher, de sorte à augmenter la productivité, sur de plus grandes surfaces. Le but étant de rentabiliser au maximum les espaces, au détriment de la capacité des écosystèmes à se régénérer naturellement. L’utilisation de toutes sortes d’intrants contribue à l’amélioration des rendements.

Intrant :  l’ensemble des produits non naturels utilisés pour augmenter les rendements. Ils sont utilisés pour améliorer la qualité des sols notamment en azote et minéraux. Ils regroupent : les produits phytosanitaires (qui sont utilisés pour lutter contre les maladies où les parasites), les organismes génétiquement modifiés,  les semences et les plants.

La révolution verte a profité aux industriels voyant leurs rendements augmenter de jour en jour. Elle a également profité à nous consommateurs : nous trouvons toutes sortes de produits, n’importe quand, à bas prix, au dépens de la qualité. Cette révolution a eu des terribles conséquences sur les petits agriculteurs, qui subissent la pression des géants de l’agroalimentaire avec des négociations sur les prix sans cesse tirées vers le bas.

Aujourd’hui, les modes de production n’ont jamais été aussi industrialisés. Mais depuis toujours et actuellement remis au goût du jour, des méthodes alternatives se développent. De nouveaux moyens de procéder se mettent en place avec de nouveaux types d’agricultures et un retour au naturel.

Les modes de production

 Il est nécessaire de distinguer deux procédés :

Le mode intensif =  quantité

L’objectif est la rentabilité, dans ce système de production on va chercher à faire plus vite, moins cher, de sorte à augmenter la productivité, ce qui implique l’utilisation de divers moyens (intrants chimiques, matériels agricoles). Mode de production dégradant ainsi les sols, la biodiversité. En ce qui concerne le bétail, on parle d’élevage intensif.

 Je vous invite à regarder cette chronique avec un ton humoristique axée sur l’élevage intensif des animaux.

 Je vous propose également d’écouter la conclusion sur les champs de blé en Beauce (France) : https://www.franceculture.fr/emissions/la-conclusion/la-beauce

On a tous l’image des grands champs américains, mais en réalité nous n’avons pas besoin d’aller aussi loin.

Le mode extensif = qualité

L’objectif de ce système de production est ici la préservation des sols et de l’environnement, en utilisant les ressources naturelles présentes sur place, avec des rendements faibles par hectare.

 Exemple : Le Reblochon fermier (pastille verte). Un reblochon fermier a été fabriqué manuellement avec le lait d’un même troupeau. De plus l’appellation “Reblochon” ou “Reblochon de Savoie” dispose d’un cahier des charges très précis implicant une production et un savoir faire local.

Les types d’agriculture

 Il existe de nombreuses pratiques agricoles, j’ai décidé d’en aborder trois en particulier.

L’agriculture conventionnelle

 Mode de production intensif, visant à optimiser l’utilisation des facteurs de production, donc la productivité. Elle se caractérise par des rendements élevés par hectare. Pour ce faire, toutes sortes d’intrants chimiques (pesticides, ogm, engrais, fertilisants) sont utilisés, polluants ainsi les sols, l’air et impactants fortement la biodiversité.

L’agriculture  biologique

Production interdisant  toute utilisation de produits chimiques, OGM et limitant d’autres intrants dans une logique de préservation des sols et de la biodiversité.

Mais attention biologique ne veut pas dire local !  Un aliment biologique peut souvent venir des quatres coins du globe, l’avocat en est un exemple connu et flagrant. Biologique ne veut pas dire non plus dire extensif!

 Il existe des productions intensives biologiques.  En effet ces dernières années le bio est devenu un phénomène de mode, et les géants de l’industrie agroalimentaire l’ont bien compris.  Consommer un aliment bio d’une marque issue d’une grande surface revient à rémunérer cette même grande surface on s’explique :

Exemple : La marque “Josette” qui est un géant de l’industrie agroalimentaire a bien compris que le bio était un marché à conquérir. Très maligne Josette décide de produire à son tour des produits biologiques. Mais si Julie et Marie achètent du bio provenant de ce géant, cela revient à rémunérer ce géant même et non les producteurs locaux.

L’agriculture biologique est difficile  à mettre en place en pratique. Concilier bio et enjeux économiques pour les petits agriculteurs est un réel challenge qui mérite d’être applaudit!  D’autant plus que la certification comporte un cahier des charges bien rempli.

L’agriculture durable

L’agriculture durable est une forme d’agriculture basée sur les principes du developpement durable (si tu veux les consulter clique ici). Elle va se soucier de l’environnement mais également des enjeux économiques, sociaux, éthiques de chacun. Mais comment appliquer ces principes à l’agriculture ?

 On parle d’agroécologie. Cette pratique utilise les écosystèmes comme facteurs de production et leur capacité autonome à se régénérer. On essaye ici de faire mieux avec moins, c’est à dire en ayant recours à minima d’intrants chimiques.

 “Combien de temps vont mettre les organismes de recherche pour nous proposer des modèles qui vont fonctionner ? Qui va faire ce travail là ? D’essayer des choses, d’essayer d’avancer “  F.Nobia

Félix Nobia est un agriculteur français engagé qui se bat pour une agriculture durable, et de nouveaux procédés. Il cherche, innove, il bouge quoi !

Dans cette vidéo de la chaîne Brut claire et efficace, il explique ses différentes pratiques et expérimentations pour concilier l’agriculture avec les enjeux environnementaux actuels.

 Si tu veux connaître son parcours et ce qu’il l’a amené vers ces pistes de réflexion je t’invite à regarder également son T-DEX :  clique ici

Pour les personnes plus visuelles, je vous ai préparé un petit tableau récap :

Bilan : Quel type d’agriculture favoriser?

Et bien l’idéal serait de favoriser une production BIO + locale. Mais comme je te l’ai précisé précédemment bio ne veut pas forcément dire local.

Un petit agriculteur haut savoyard à plus de chances de pratiquer une agriculture durable que biologique, car l’obtention du label et la mise en pratique sont très coûteuses.

Ici tu trouveras un site répertoriant les producteurs de la région, pour certains biologiques: https://www.producteurs-savoie-mont-blanc.com/

Ici un site répertoriant les AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) de Haute Savoie : https://www.avenir-bio.fr/amap,haute-savoie,74.html

J’espère que cet article t’as plu,  il nous paraissait essentiel de clarifier certains points, éclairer certains procédés avant de conseiller !

D’autres bonnes adresses arrivent bientôt 😉

Article écrit  grâce à l’aide précieuse de notre pote Ben Bourmaud, étudiant  en économie de l’environnement et de l’énergie à AgroParisTech